Paire de morses sur la banquise dans l'Arctique canadien

By Hameet Singh

Hameet Singh fait partie d'une équipe de chercheurs CPCIL et de collecteurs de connaissances produisant du contenu et compilant des ressources sur des thèmes tels que l'inclusion, la justice écosociale, les partenariats, la conservation, la durabilité organisationnelle, le changement climatique et la biodiversité, le lien avec la nature, le financement de la conservation et l'écotourisme, pour soutenir et un leadership et une inclusion équitables dans les parcs et les aires protégées partout au Canada.

Avec le plus long littoral du monde et une devise de A Mari Usque Ad Mare ou « D'un océan à l'autre », le Canada a tout intérêt à protéger ses ressources marines. Quatorze aires marines protégées (AMP) et 4 aires marines nationales de conservation (AMNC) ont été mises en place pour préserver un environnement marin sain, soutenir les facettes culturelles et socioéconomiques des communautés locales et de la nation dans son ensemble. Cet article est le premier d'une série en trois parties, mettant en évidence une AMP canadienne des trois océans du pays – l'Arctique, le Pacifique et l'Atlantique. Pour plus d'informations sur ce qu'est une AMP, veuillez visiter ce poste

L'Arctique – Tuvaijuittuq

Le terrain gelé et accidenté de la Cordillère Arctique
Figure 2 : Le terrain gelé et accidenté de la Cordillère arctique (MPO, 2020)

Dans la toundra arctique éloignée du grand nord du Canada se trouve la plus grande et la plus septentrionale aire protégée du pays (à la fois marine et terrestre) en termes de superficie – Tuvaijuittuq, ou « l'endroit où la glace ne fond jamais » en inuktut (1). Désigné en août 2019, il couvre une superficie de 319,411 2 km5.5 (plus grande que toute la superficie de l'Italie) et est situé sur la côte nord-ouest de l'île d'Ellesmere, au Nunavut, au-dessus de la limite du cercle polaire arctique et juste en dessous du pôle Nord géographique. . Il constitue 13.82 % du territoire océanique du Canada, portant le total à 2 % (10). C'est un gros problème, étant donné que sa mise en œuvre a permis au Canada de dépasser son objectif de protéger 2020 % de son territoire océanique d'ici 11 après qu'il soit devenu signataire de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (UN CBD) ou de l'Objectif 2010 d'Aichi en 1 ( 3). Il a également joué un rôle déterminant dans l'atteinte des objectifs nationaux de conservation marine du Canada (XNUMX).

Importance géologique et écologique

Le terrain gelé et accidenté de la Cordillère Arctique
Figure 2 : Le terrain gelé et accidenté de la Cordillère arctique (MPO, 2020)

Situé dans le bassin de l'Extrême-Arctique du Nunavut (figure 1), l'environnement de Tuvaijuittuq est verrouillé dans le temps, caractérisé par des vents extrêmement froids et incessants, ainsi que par les chaînes de montagnes déchiquetées et les cathédrales gelées de l'écozone terrestre de la Cordillère arctique et de l'archipel arctique canadien/du bassin arctique. biorégions (1) (Figure 2). Le paysage est éthéré et presque surnaturel, avec des sommets montagneux faisant saillie à travers des vallées couvertes et enfouis sous 900 m de glace (4). Les pics glaciaires et les champs de glace polaire peignent un paysage étrange et unique de l'Extrême-Arctique canadien. C'est le pays du soleil de minuit, où le soleil peut rester visible 24 heures sur 5 d'avril à septembre, et est plongé dans l'obscurité en raison du phénomène nocturne polaire surnaturel d'octobre à février (XNUMX). La géographie et la glaciologie distinctives de la région ont joué un rôle déterminant dans sa désignation d'AMP.

Figure 3 : GAUCHE : Paire de morses sur une banquise dans l'Arctique canadien (CBC, 2016); DROITE : Ctenophores/peignes gelées et Siphonophores, deux invertébrés marins trouvés sous la glace de mer à Tuvaijuittuq (MPO, 2020)
Figure 3 : GAUCHE : Paire de morses sur une banquise dans l'Arctique canadien (CBC, 2016); DROITE : Ctenophores/peignes gelées et Siphonophores, deux invertébrés marins trouvés sous la glace de mer à Tuvaijuittuq (MPO, 2020)

La glace trouvée à Tuvaijuittuq est exceptionnellement unique, considérée comme la plus ancienne et la plus épaisse de tout l'océan Arctique (1). La recherche a daté les plates-formes de glace dans cette région du milieu de l'Holocène, il y a environ 5,000 7,000 à 6 1 ans (7). C'est également le dernier bastion de la banquise pluriannuelle de l'Arctique, provenant du gyre de Beaufort, et devrait durer le plus longtemps à mesure que le changement climatique s'intensifie dans la région (2). Cela a des implications écologiques de grande envergure et très importantes pour le paysage impitoyable et apparemment désolé. La nature stérile de la géologie donne l'impression qu'elle est dépourvue de vie, mais est plutôt incroyablement riche en biodiversité. Cette banquise toute l'année devrait être une oasis finale pour les espèces qui en dépendent pour leur habitat et leur survie, à la fois sur et sous la glace (3). L'écosystème marin arctique de cette région comprend des morses, des phoques, des bélugas, des ours polaires, des narvals (1) et des algues microscopiques (figure XNUMX), qui fournissent de l'énergie à l'ensemble du réseau trophique (XNUMX). La communauté des fonds marins est beaucoup plus riche et diversifiée que prévu, ce qui est important pour le soutien des grands mammifères marins. Pour cette raison, la ZPM de Tuvaijuittuq est considérée comme une aire protégée d'importance mondiale, conçue pour sauvegarder l'écosystème prolifique et dynamique de l'Extrême-Arctique. 

Gestion et gouvernance

L'AMP est régie par le Loi sur les océans et la co-gouvernance joue un rôle clé dans sa gestion (pour plus d'informations sur les AMP cogérées, veuillez visiter ce poste). Sa création est le fruit d'un effort de collaboration entre le gouvernement du Canada, le gouvernement du Nunavut et la Qikiqtani Inuit Association (QIA), établie en vertu d'un protocole d'entente (1). Les évaluations scientifiques de la ZPM portent sur l'Inuit Qaujimajatuqangit, ou savoir traditionnel inuit, transmis au fil des millénaires et englobant des croyances, des valeurs et des compétences (8). Toute activité humaine est interdite dans l'AMP jusqu'à cinq ans, outre : 

  • Exercice des droits des Inuits de récolter la faune 
  • Recherche scientifique marine en harmonie avec la conservation 
  • Activités de sûreté, de sécurité et d'urgence
  • Certaines activités menées par un ressortissant étranger, une entité, un navire ou un État.

La QIA espère que ce modèle de cogestion avec des groupes autochtones sera un exemple de conservation marine à l'avenir (9). Les Inuits ont longtemps plaidé pour la protection de ces zones pendant des décennies (10). PJ Akeeagok, président de la QIA, a commenté la création de l'AMP et a déclaré que « lorsque les négociations ont commencé, c'était dans un esprit de réconciliation » (9). Cela indique le nouveau potentiel des parcs et des aires protégées pour restaurer les relations du Canada avec ses communautés autochtones et réparer son bilan entaché, car les parcs ont toujours été utilisés comme un outil pour chasser les peuples autochtones de leurs terres (10).

Menaces futures

Plate-forme de glace Milne, située à Tuvaijuittuq

Bien que protégée, la région n'est pas sans vulnérabilités. La glace de mer arctique a diminué à un rythme sans précédent, et au cours des trois dernières décennies, l'océan Arctique a perdu de la glace de mer parallèlement aux régions terrestres du Manitoba et du Québec combinées (1). Cette fonte est observée de première main par les Inuits, qui exercer leurs droits de chasse traditionnels dans la région. Le changement climatique a toujours été un facteur, mais en raison de son épaisseur unique, les scientifiques du gouvernement ont prédit que la banquise toute l'année dans cette région ne disparaîtrait pas avant au moins 2050 (10). Ils ont ensuite été stupéfaits de découvrir que moins d'un an plus tard, en juillet 2020, l'imagerie radar est revenue montrant que près de la moitié de la plate-forme de glace de Milne, située à Tuvaijuittuq, s'était désintégrée dans l'océan, résultant en une île de glace de 79 km2 à 50% plus grand que Manhattan (11) (Figure 5). Le réchauffement dans l'Arctique se produit à un rythme alarmant, deux fois plus que la moyenne mondiale (12). En plus de menacer la faune de la région, cette fonte des glaces rend également l'Arctique vulnérable aux conflits de compétence entre les pays qui se disputent des eaux autrefois infranchissables (9). L'augmentation de l'activité maritime, de la pêche, du tourisme, du pétrole et du gaz et de l'exploitation minière est également préoccupante alors que la glace continue de rétrécir (13). Des menaces comme le changement climatique indiquent que d'autres mesures, en plus de la mise en réserve d'aires protégées, sont justifiées pour assurer la longévité de l'Arctique canadien.

Références

  1. MPO (2020). Aire de protection marine (ZPM) de Tuvaijuittuq. Extrait de : https://www.dfo-mpo.gc.ca/oceans/mpa-zpm/tuvaijuittuq/index-fra.html
  2. SNAP (2019). Le Canada dépasse l'objectif de 10 % de protection des océans avec l'annonce de l'aire marine protégée de Tuvaijuittuq, au Nunavut. Extrait de : https://cpaws.org/canada-exceeds-goal-of-10-ocean-protection-with-announcement-of-tuvaijuittuq-marine-protected-area-nunavut/
  3. MPO (2020). Atteindre les objectifs de conservation marine du Canada. Extrait de : https://www.dfo-mpo.gc.ca/oceans/conservation/plan/index-fra.html
  4. Marsh, James pour l'Encyclopédie canadienne (2015). l'île d'Ellesmere. Extrait de : https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/ellesmere-island
  5. NAV CANADA (2001). La météo du Nunavut et de l'Arctique. Extrait de : https://www.navcanada.ca/EN/media/Publications/Local%20Area%20Weather%20Manuals/LAWM-Arctic-EN.pdf
  6. Jeffries, Martin pour l'USGS (sd). PLAGES DE GLACE ET ILES DE GLACE DE L'ILE D'ELLESMERE. Extrait de : https://pubs.usgs.gov/pp/p1386j/iceshelves/iceshelves.txt
  7. QIA (2021). Parcs et aires de conservation. Extrait de : https://www.qia.ca/what-we-do/parks-and-conservation-areas/
  8. Parcs Canada (2019). Utilisation du savoir traditionnel inuit (Qauijimajatuqangit). Extrait de : https://www.pc.gc.ca/en/amnc-nmca/cnamnc-cnnmca/tallurutiup-imanga/connaissances-knowledge
  9. Gibbens, Sarah pour National Geographic (2019). Les réserves vierges de l'Arctique profiteront à la faune et aux communautés inuites. Extrait de : https://www.nationalgeographic.com/environment/2019/07/canadian-arctic-reserves-to-benefit-wildlife-inuit/#close
  10. Hamilton, Graeme pour le National Post (2017). Le passé louche de Parcs Canada : Expulsés, les peuples autochtones font un retour en force. Extrait de : https://nationalpost.com/news/canada/the-shady-past-of-parks-canada-forced-out-indigenous-people-are-forging-a-comeback
  11. Patar, Dustin pour Nunatsiaq News (2020). La plate-forme de glace Milne au Nunavut s'effondre. Extrait de : https://nunatsiaq.com/stories/article/nunavuts-milne-ice-shelf-collapses/
  12. Warburton, Moira pour Global News (2020). La dernière plate-forme de glace entièrement intacte de l'Arctique canadien s'effondre. Extrait de : https://globalnews.ca/news/7256706/canadian-arctic-ice-shelf-collapse/
  13. MPO (2020). Rapport sur la désignation de l'aire marine protégée Tuvaijuittuq. Extrait de : https://www.dfo-mpo.gc.ca/oceans/publications/tuvaijuittuq/designation/index-fra.html

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